La géolocalisation est partout dans le domaine de la sécurité pour assurer la protection des personnes comme des travailleurs isolés ou en zone sensibles et des biens à l’image des transports sensibles ou à haute valeur ajoutée.

Un article du Colonel  Joël ferry

 

La géolocalisation est-elle un passe-droit ?

Pour les services de l’Etat, la géolocalisation se justifie par la nécessité d’assurer la sécurité de la nation et la protection des personnes et des biens. Mais la géolocalisation étant désormais partout, il existe d’indéniables risques pour les libertés publiques même si elle est bien moins attentatoire que d’autres moyens spéciaux aujourd’hui utilisés comme par exemple les interceptions de communication.

Deux lois l’une de 2013 et l’autre de 2014 règlent le sort de l’usage de la géolocalisation par les administrations chargées de la sécurité intérieure et de la défense. Le recours à cette technique est désormais clair et précis et le contrôle destiné à interdire les abus éventuels par des autorités garantes des libertés est assuré.

Ces règles claires et précises concernant la saisie des opérateurs ainsi que les circonstances et les conditions d’habilitation de la puissance publique de recourir à cette technique. Dès lors la loi fournit des garanties suffisantes et effectives contre les abus, assure la proportionnalité des mesures prises par rapport aux besoins, fixe une durée de mise en œuvre, permet un contrôle des juridictions.

 

Obsolescence et géolocalisation

Cela était d’autant plus nécessaire que la géolocalisation ne reposera plus à terme, exclusivement sur les technologies  GPS  et GSM. Elle sera utilisée de plus en plus dans et en dehors des bâtiments. A cela il faudra ajouter l’exploitation du Wifi et bientôt les liaisons au standard Wave et très prochainement l’Internet des objets.

En outre, l’usage en complémentarité de solutions numériques comme une carte bancaire, un docume

nt d’identité, des caméras de vidéoprotection ou de lecture automatique des plaques d’immatriculation rendront encore plus efficaces la géolocalisation. Mais il conviendra en même temps de faire évoluer le cadre juridique.

La géolocalisation, au secours des services d’urgence

Mais, la géolocalisation est également en parfaite cohérence avec les travaux réalisés à travers les projets européens comme Soteria et Nexes pour la remontée des informations du terrain dans le cadre d’un dialogue citoyen/centre de gestion de crise et son corollaire qui consiste à informer en temps réel des populations présentes sur une zone géographique par les autorités afin de leur communiquer des consignes et des messages précis pour les sécuriser au mieux et au plus vite.

Les riverains de l’usine classée Seveso de Rouen ont d’ailleurs exprimé ce besoin sur les chaines des radios et des télévisions après l’incendie du 26 septembre 2019.

 

La géolocalisation, bon ou mauvais investissement ?

Concernant le partenariat public/privé le contexte économique et politique international constitue une opportunité et un défi pour les entreprises privées, qui cherchent la valorisation de leurs solutions en s’associant au développement d’une grande politique sécuritaire unissant secteur public et secteur privé ; c’est l’esprit même de la filière nationale de sécurité.

Pourtant ces entreprises doivent faire face vis-à-vis de l’administration à des contraintes et des lourdeurs alors qu’une approche pragmatique et expérimentale serait précieuse pour les entreprises, qui pourraient ainsi mieux connaitre le besoin, tester et démontrer leurs capacités aux yeux des acquéreurs potentiels nationaux et étrangers. Ce fossé encore trop large entre les deux acteurs nuit à la fois à l’administration et à l’entreprise.

 

C’est pourquoi il conviendra de lever l’ensemble des contraintes et pour cela faire évoluer le droit afin qu’il devienne plus flexible dans un contexte international tendu qui augmente les menaces comme dans le domaine djihadiste, ou celui des activismes de toute nature.