Edito

L’inauguration du salon Milipol 2019 a été marquée d’une certaine effervescence. De nombreuses interrogations ont nourri les conversations dans les allées et sur les stands, jusqu’à l’arrivée du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et de son secrétaire d’Etat Laurent Nuñez. Abordant sans surprise les menaces terroristes et la montée de la violence dans les manifestations de tout type, le ministre a voulu rassurer, annonçant que tous les moyens et les innovations technologiques étaient mobilisés au service de la protection des citoyens et de la République. Une cohorte de photographes accompagnait la délégation officielle soulignant ainsi les nouveautés exposées sur le stand du ministère. Généraux et Officiers de gendarmerie ont présenté de réelles innovations comme le robot Colossus de Shark Robotics utilisé par les sapeurs pompiers de Paris ou les logiciels basés sur la reconnaissance faciale, sans oublier l’analyse de données Forensic.

Des sujets que l’on peut déjà qualifier de cruciaux pour les prochaines années et qui seront à n’en pas douter au cœur des recherches et des développements de l’écosystème de la sécurité. Sur ce salon mondial, on découvre aussi des concepts venus d’ailleurs, des véhicules ultra-équipés, des armements sophistiqués et des tenues ou équipements qui raviraient Q et James Bond !

La sécurité, un secteur déjà très prisé par les ingénieurs et les développeurs, devient progressivement un véritable terrain de jeu pour les data scientist. Le salon est encore très fréquenté par les agents opérationnels même si aujourd’hui rien n’est possible sans l’intervention d’analystes assistés de data visualisation et autres cartographies.

Partons ensemble à la découverte des progrès technologiques qui donneront un temps d’avance à nos forces d’intervention !

En qualité de témoin

Dans les pas du ministre de l’Intérieur sur Milipol

Christophe Castaner est un ministre exposé et les prochaines échéances de cette fin d’année, comme la grève nationale du 5 décembre, ou les marchés de Noël, n’y changeront rien. Ainsi lorsqu’il va à la rencontre des grands groupes et des PME exposants de Milipol, tout le monde attend quelques signaux d’espoir. Pourtant, lors de sa conférence inaugurale, le ministre de l’Intérieur a peint un décor un peu sombre, ne niant pas les difficultés de l’Etat à juguler les menaces venues de l’extérieur mais surtout devenues imprévisibles et permanentes.

Certes notre pays est fort de technologies de pointe et de corps d’élite hyper entrainés et d’une efficacité exemplaire, mais il doit s’appuyer davantage sur les forces vives que représentent les 2000 sociétés françaises d’un secteur en croissance moyenne de 4,5% entre 2013 et 2017, nous a-t-il rappelé. C’est pourquoi l’annonce d’un livre blanc sur la sécurité ne peut pas être seulement interprétée comme un geste politique, mais sans doute aussi avec une réelle volonté, face à l’urgence et à la complexité des enjeux, comme un appel à la coopération. « Si je n’avais qu’une seule invitation ce serait celle de vous dire soyons ingénieux, inventifs, allons chercher partout les bonnes idées, les bonnes pratiques, là où elles sont » ajoute-t-il en direction de son auditoire.

Le dynamisme des chercheurs et des ingénieurs français est reconnu comme un espoir de doter la nation et ses représentants de l’ordre, des meilleurs outils et des plus fines analyses. Big data et intelligence artificielle ne sont plus réservées aux start-up américaines ou chinoises, mais sont de véritables armes de défense ou de dissuasion pour l’avenir. Le ministre a envoyé un message clair en direction des exposants : nous comptons sur vous pour la sécurité de tous !

Interview du Colonel (2R) Joël Ferry, conseiller du président de Deveryware

Quel est le rôle d’un conseiller pour une entreprise de sécurité ?

Le rôle du conseiller est d’apporter des réponses aux interrogations du dirigeant et en même temps de lui fournir une ligne de conduite et d’analyser l’environnement qui peut être opérationnel ou juridique, afin de l’emmener vers la bonne solution.

Comment pourra-t-on faire face à l’explosion de la Data ?

L’explosion de la data ouvre un nouveau marché. Aujourd’hui cette data est partout en source ouverte. Il est possible de l’exploiter à des fins d’enquête comme à des fins commerciales, mais dans cette data, il y a des données personnelles et donc la nécessité de respecter la vie privée. La donnée appartient à la personne y compris si on peut la trouver sur les réseaux sociaux à sa propre initiative. Ce qui est encore plus dangereux, c’est que certaines personnes n’hésitent pas à divulguer des informations qui concernent d’autres personnes. Ainsi par exemple lorsque des salariés d’une entreprise ou des fonctionnaires diffusent leurs états d’âme à l’égard de la société ou de l’administration, ils se mettent en danger.

Milipol 2019 marque-t-il un changement de cap dans les relations institutionnels / sociétés privées ?

Jusqu’à présent on rencontrait des difficultés à associer le public et le privé. Ainsi, lorsqu’une entreprise privée développe une solution pour répondre aux besoins d’un organisme publique, elle doit la tester. Or on constate une réelle difficulté pour procéder à ces expérimentations. Le livre blanc sur la sécurité annoncé par le ministre, reviendra sur ce dysfonctionnement qui nuit à tous, dans la mesure où c’est bien l’entreprise qui crée de la valeur. C’est d’ailleurs une problématique qui n’existe pas dans les pays anglo-saxons. Je pense que dans l’avenir on aura un continuum public privé encore plus marqué. Des tâches qui étaient assurées par le régalien devront être confiées au privé. Mais attention, il faudra que les personnels reçoivent une formation adéquate, de façon à ce que tout le monde parle le même langage.

Au cœur de l’enquête

TACS : Système automatisé de comparaison de traces d’outils

L’institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) a développé une nouvelle solution logicielle au service des enquêteurs permettant de comparer les traces laissées par des outils utilisés sur des lieux de crime. Dans une époque où un cambriolage a lieu toutes les 90 secondes, où les braquages et autres attaques contre des sites publics, privés, commerciaux ou industriels se multiplient, voilà qui devrait faire avancer les investigations. Ce système de comparaison permettra à terme d’analyser les traces de n’importe quel outil, y compris en repérant ses défauts, par l’interrogation d’une gigantesque base de données. Repérer ainsi des similarités dans les modes opératoires ne sera plus une tâche manuelle, exigeante et couteuse en temps humain. Les malfrats seront plus rapidement identifiés, d’autant plus que le couplage avec d’autres traces comme des traces ADN, pourra alors être effectué en temps quasi réel.

Pour l’instant, le dispositif est en test sous forme de prototype, et il faut encore alimenter la base avec les archives des traces déjà enregistrées. Les cambrioleurs ne peuvent certainement pas anticiper que le moindre éclat de bois ou la moindre égratignure dans une porte sera bientôt aussi efficace qu’une photo pour relier leur identité aux exactions commises. Le lieutenant-colonel qui présentait, en ce premier jour de Milipol, son innovation, semblait plutôt optimiste quant à l’augmentation du nombre de résolutions des enquêtes judiciaires de proximité.

A découvrir sur le stand du Ministère de l’intérieur – 5L156

Ekin Patrol G2 et Bike Patrol

Ekin, société allemande positionnée sur la Smart City, présente deux innovations qui vont changer notre vie d’automobiliste. Equipé de caméra capable de scanner n’importe quelle plaque minéralogique, le patrouilleur transmettra immédiatement le PV d’infraction, l’amende à l’heureux propriétaire et le signalement aux autorités compétentes. Il pourra ainsi se balader dans la ville et surveiller tous ceux qui enfreignent les règles de circulation ou de stationnement. Mais l’innovation ne se limite pas à la surveillance, elle va bien plus loin. En effet, la voiture que la police suisse teste déjà, est également équipée en reconnaissance faciale, et permet de savoir qui sont les occupants des véhicules à proximité. Demain, une fillette enlevée, un criminel en cavale, seront automatiquement repéré et signalé par le véhicule de patrouille. Les services de police pourront intervenir ou suivre le véhicule incriminé dès son identification, par un patrouilleur Ekin. Ce dispositif embarqué réduira considérablement les moyens de vidéosurveillance à déployer pour assurer la sécurité des villes. Il donnera la possibilité d’intervenir en temps réel et directement sur le terrain, ce qui garantit la pertinence des interventions des forces de l’ordre.

Rendez-vous au stand  5P026 !

TRACIP Mobil’DNA

Sur le terrain, l’identification des personnes a été grandement facilité par le recours aux analyses ADN. Toutefois, il s’agit dans la plupart des cas de prélever des échantillons puis de les envoyer à un laboratoire distant qui procède à l’analyse. Ce procédé devenu un classique des enquêtes de police prend du temps et n’est pas toujours applicable, surtout lorsque les victimes sont nombreuses ou les traces multiples. Il peut être beaucoup plus pertinent d’effectuer des analyses sur le lieu même de l’accident ou du crime. Mais se pose alors un réel problème de logistique et de moyens humains.

Comment déployer un dispositif dans ces situations extrêmes ?

C’est ce problème qu’a résolu TRACIP avec sa solution mobile d’analyse d’ADN. En transformant un camion en véritable laboratoire mobile, la police scientifique peut ainsi se déplacer sur les lieux et rendre des résultats fiables en un temps record. En effet, le Mobil’DNA fournit les 21 premiers résultats d’analyse en moins de deux heures ; il est capable de traiter 24 échantillons simultanément avec des coûts très réduits.

Le progrès de la technologie peut parfois être couplé avec des solutions de bon sens. A la suite du crash aérien de la German Wings dans les Alpes, face aux centaines de corps à identifier, il est devenu clair que le laboratoire mobile était la seule solution à déployer.

Vous pouvez visiter le Mobil’DNA de TRACIP sur leur stand 5 G167 !

Les brèves

AARONIA AG est une société allemande présente sur Milipol avec un stand très impressionnant peuplé par des écrans de contrôle simulant des espaces aériens surveillés. Trois antennes et un logiciel de spectrométrie repèrent et mettent hors d’état de nuire les drones malveillants. Aaronia, leader mondial, a déployé sa solution dans une centaine de pays. A voir stand 5N047

Resiliency, filiale du groupe Deveryware, présente sa plateforme de gestion de crise. Piloter n’importe quelle situation de crise via un tableau de bord réunissant toutes les sources d’information y compris les réseaux sociaux ou les flux médias est une performance à voir en démo sur le stand 5N134 !

Et si vous montiez dans un camion du raid ? Une expérience inédite et incroyable vous est proposée sur le salon, puisque la société Nexter vous ouvre les portes d’un vrai véhicule d’intervention de cette force d’élite. Sensations fortes garanties mais photos interdites à l’intérieur ! Stand 5K173

Equipements des forces d’intervention. Les progrès technologiques s’appliquent aussi à l’équipement des personnels. Très spectaculaires, on appréciera les gilets pare-balles ultra-légers de la société SIOEN qui présente ses nouveautés au stand 5 K198

Shark Robotics : les robots made in France étaient à l’honneur en cette première journée lorsque les pompiers de Paris ont vu le ministre de l’Intérieur s’arrêter quelques minutes près du Colossus utilisé durant l’incendie de Notre-Dame-de-Paris. Les explications du cofondateur Cyril Karraba ont dû passionner le ministre et le rassurer sur la technologie française ! A voir sur le stand du Ministère de l’intérieur

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