Quels sont les enjeux de ce salon pour la DGSI en matière de nouveautés technologiques ?

P-G : Pour un service spécialisé, un salon comme Milipol est intéressant pour la forte concentration de fournisseurs mondiaux, pour faire un point de veille technologique complet sur les grandes tendances. On y découvre des outils de croisement et de visualisation de données pour le renseignement élaboré en aval, mais nos enjeux sont aussi sur l’internet des objets, les réseaux sociaux, la crypto-monnaie et le dark web. Enfin la 5G qui pose la question des captations téléphoniques.

Quels sont les progrès attendus?

P-G : Je vois trois types de rupture pour l’avenir : les volumes de données à traiter, les nouvelles normes et comment pratiquer des interceptions locales ? Le constat sur la croissance énorme des données pose le problème des outils d’analyse et en parallèle celui de la protection des données ou du cryptage des informations.

Concernant la menace terroriste, pensez-vous que l’on a davantage de moyen d’anticiper les situations à risque, les attentats ?

P-G : Par rapport à 2015, il y a eu de grosses évolutions techniques et juridiques. En conséquence, nous sommes mieux préparés mais dans le même temps, les menaces ont changé de nature et elles deviennent de plus en plus endogènes. Alors, oui, nous sommes plus efficaces mais il faut garder une grande humilité devant la complexité des menaces existantes.

Que pensez-vous des fake news et des dangers de la désinformation ?

P-G : Il faut lutter contre la fausse information. Y a-t-il des rumeurs ? Vraies ou fausses d’ailleurs ? Qui est à la manœuvre pour propager ces rumeurs ? Nous devons identifier les rumeurs qui peuvent menacer notre pays, notre démocratie et savoir qui a intérêt à les propager ou les diffuser à l’origine. On peut imaginer que les GAFA finiront par collaborer sur ce point, car il en va de leur crédibilité.

Interview extraite de Good Morning Milipol #5 – Copyright Deveryware 2019